Volvo : une belle réussite en Afrique

volvo de developpe en algérie

Wedo : Patrice Jouannais, quels sont à votre avis les ingrédients de la réussite de Volvo en Afrique ?

Patrice Jouannais : Il y a d’abord une histoire d’une trentaine d’année qui forme un socle d’expérience conséquent d’implantation en Afrique. A cette expérience s’associe une très bonne image de marque. Par exemple Renault trucks en Algérie est incontournable et représente la bagatelle de 22OO Véhicules par an. Nous avons une gamme large, qui repose sur quatre marque phare : Volvo, Renault trucks, Mack, et UD. Ces gammes sont très complémentaires, les produits pouvant répondre aux différents besoins spécifiques du marché Africain. Nous avons aussi un réseau d’une trentaine d’importateurs stables et structurés. Il y a parmi ces trente acteurs les grands noms de l’import pour le business en Afrique. A côté de ça notre spécificité repose sur un réseau d’investissement propre comme en Algérie par exemple, ou la société qui gère le développement du groupe a été créée par Renault dans les années 60.

Wedo : Quelle est votre vision du marché africain ?

photo de Patice Jouannais qui travaille à l'implantation de VOLVO en AfriquePatrice jouannais : nous sommes présents dans 52 pays, pour un volume annuel de 13000 véhicules via 4 marques. Il a y beaucoup de spécificité juridiques et culturelles dans chaque pays et pour nous il existe plusieurs marchés africains. En premier le marché du Maghreb, avec un lien très fort entre l’Algérie le Maroc et la Tunisie avec la marque Renault. Nous sommes implantés à Alger pour gérer ce secteur. Notre deuxième implantation est en Afrique du Sud à Johannesburg pour gérer le sud du continent. Enfin, les équipes chargées du développement de l’Afrique subsaharienne et de l’Afrique de l’ouest sont basées à paris. Cela s’explique par le poids dans ces pays des grands importateurs comme CFAO, SMT ou GBH. Ces 3 grands marchés ont pour nous chacun leur base, comme nous venons de le voir. Cela permet d’avoir une approche spécifique pour chaque pays. En fonction des évolutions des dynamiques de croissance et des contextes géostratégiques de chacun, nous pouvons axer le développement sur tel ou tel. La réalité du terrain ne correspond pas à la perception que les médias nous transmettent. Bien sûr se développer avec réussite en Afrique n’est pas un long fleuve tranquille. Mais notre réussite sur le continent Africain montre que c’est possible.

WEDO quels sont vos axes de développement actuel ?

Patrice Jouannais : Nous sommes dans une logique d’optimisation. En développant 4 marques nous sommes amenés à rationaliser les implantations pour plus d’efficacité. Nous avons aujourd’hui un fort potentiel de développement endogène, en accompagnant nos revendeurs actuels à diffuser plusieurs marques du groupe. Le travail est conséquent puisque nous avons 200 garages en Afrique si on additionne les garages en propres et ceux des importateurs. Dans certains pays nous avons des besoins spécifiques. Par exemple en Algérie nous cherchons des porteurs de projets pour implanter des garages. Pour le reste, notre développement en Afrique consiste à conforter nos places dans les 20% de pays qui représente 75% de notre activité à savoir Algérie, Maroc, Nigeria, Kenya, Angola, Ethiopie, Cameroun, Afrique du sud.
Wedo : s’il fallait en détaché un ?
Patrice Jouannais : Officiellement le Nigéria est « the place to be », mais pour moi l’Angola possède à court terme le plus grands potentiel.

Wedo : et la concurrence, est-elle un obstacle sérieux à votre réussite en afrique?

Patrice Jouannais : Elle existe bien sûr, notamment sur la partie ouest du continent qui est accessible par voie maritimes aux produits asiatiques. Mais cela ne nous empêche pas d’envisager une croissance sur 2012-2015 de +25% sur l’Afrique ! Et nous sommes dans les clous de cet objectif ambitieux