TIKDEM : une implantation en afrique réussie

informatique en afrique

Quelle idée en tant que dirigeant de choisir une implantation en Afrique ?

– FRANCIS NART C’est surtout une rencontre avec un confrère parisien qui est devenu peu à peu un partenaire . Nos entreprises étaient concurrentes à Paris dans le secteur du web. Kamahunda Mulamba est d’origine Congolaise; il est arrivé en France à l’âge de 8 ans. Il a souhaité que son fils connaisse les 2 cultures.
IMPLANTATION EN AFRIQUE AVEC KAMAIl y a cinq ans, il décide de vendre sa boîte à Paris et de créer une société au Congo. J’ai dit : Banco;  je pars avec toi car l’idée m’a plu. Mon associé m’a bien prévenu qu’à l’époque j’avais un risque important de perdre tout l’argent investi dans cette société. J’en avais conscience mais ce qui m’importait c’était l’aventure entrepreneuriale et aussi l’aventure humaine
– Donc Kamahunda Mulamba s’est installé au Congo sans y avoir habité ni travaillé ?

–   la part culturelle a été importante ! Bien entendu il connaissait le pays pour aller régulièrement notamment dans la famille restée là bas. Mais c’est un peu comme aller voir sa tante en vacances ! On s’est comporté comme des gens qui ne connaissent pas le pays. Notre première intention a été de monter une plateforme off-shore de développement pour des projets français ou occidentaux. Notre implantation en Afrique avait pour objectif de créer une société de sous traitance. Avec le recul nous avons constaté que nous avions adopté sans le vouloir une posture post-colonialiste, paternaliste et humaniste et cela, avec la meilleure volonté du monde. Nous étions dans une démarche d’aider une population d’un pays qui sort de la guerre. Il s’avère que la crise européenne ne nous a pas permis de développer cette voie. Avec mon associé, nous nous sommes alors interrogés sur le potentiel du pays, sur le champ des possibles. C’est un vrai swich mental que nous avons effectué. Nous avons cessé de regarder le pays comme un homme malade mais plus comme un territoire d’opportunités. Ce changement de regard a profondément modifié notre approche. Nous avons alors développé des lignes de produits en logiciel de gestion à destination des hopitaux , des écoles et des université. C’est ainsi que sont nés : TikMedical (logiciel de gestion pour les hôpitaux et cliniques), TikSchool (logiciel de gestion pour les universités et les écoles) et TikLibris (logiciel de bibliothèque virtuelle). Nous avons donc effectué un changement stratégique radical

Wedo :Quel est le résultat de l’orientation de vos services sur des développements à destination du Congo ?

implantation en Afrique avec TIKDEM pour l'informatique des hopitaux

– Francis Nart : Nous ne mesurions pas le potentiel du pays ! Nous avons vécu des mutations au niveau du personnel. Nous travaillons avec des historiques mais une partie de l’équipe a évolué.  Aujourd’hui nous installons les systèmes d’information dans 7 hôpitaux en République Démocratique du Congo, bientôt 11. Nous sommes 14 personnes à Kinshasa et TIKDEM se porte très bien. Nous réalisons aussi des travaux à façon comme pour Western Union pour lequel nous allons déployer un outil de gestion dans de nombreuses agences. Mais nous limitons nos actions au Congo pour le moment mais nos outils sont parfaitement adaptables ailleurs en Afrique.
– Wedo : Quelle particularité avez-vous découvert en management de projet ?
– Un cabinet conseil en investissement pour des entreprises en Afrique nous a audité. Leur retour a été le suivant : « votre entreprise vue de l’extérieur c’est l’Afrique et vue de l’intérieur c’est l’Europe. » Nous avons été flattés mais nous avons aussi pu mesurer le choc culturel pour les équipes. Pour arriver à ce résultat nous avons beaucoup travaillé sur notre approche managériale : s’implanter en Afrique passe par là! Nous avons du passer de l’implicite à l’explicite sur toutes les notions qu’on aborde en entreprise, en allant de la notion de performance à la relation client. La courbe d’apprentissage, d’adaptation et de culture est aussi importante pour les salariés que pour les dirigeants. Il me semble que la plus grande mutation relève du passage de la logique de quantité à une logique de qualité. Tous n’ont pas réussi. Ceux qui restent ont intégré ce paradigme. Il a fallu sortir du « je travaille beaucoup donc c’est bien ».
– wedo : Comment se passe le recrutement ?
– Nous travaillons avec des personnes formées à l’université qui sont de très bon niveau. Le recrutement se fait beaucoup par cooptation. Cela reste aujourd’hui le meilleur vecteur. Nous avons l’ambition de créer une équipe soudée où la collaboration et la coopération sont les vecteurs de l’efficacité.

– Si c’était à refaire ?
– Nous commencerions d’abord par nous intéresser plus rapidement au potentiel du pays au lieu de partir sur une stratégie de sous traitance. Mais nous avons fait notre apprentissage et sommes très contents de notre parcours. Ce sont nos difficultés de parcours qui nous construisent !
– Wedo : Bravo pour votre implantation en Afrique!