LOGISTIQUE EN AFRIQUE : LE GRAND BON ATTENDU

Pour le « Continent Noir », dont la croissance économique reste globalement forte et soutenue depuis plusieurs années, l’enjeu demeure aujourd’hui d’assurer un service import-export compétitif pour acheminer ses produits et importer à moindres coûts. « Dans les pays enclavés, le transport et la logistique représentent entre 20% et 60% des coûts des produits alimentaires », relevait la revue Les Afriques en mars 2013. Malgré des résultats encore très éloignés des émergents d’Asie du Sud-Est, la performance des pays africains progresse globalement depuis plusieurs années, comme le montre le rapport « Connecting to compete 2014 » de la Banque Mondiale, réalisé pour la troisième fois depuis 2007.
L’étude qui concerne tout le secteur de la logistique, incluant tous les modes de transport, classe les pays du monde selon leur indice de performance logistique (IPL), calculé sur la base de critères d’efficacité, de contrôle aux frontières, de qualité, de suivi, de compétence et de compétitivité des prix. Parmi les 160 pays répertoriés, seuls 10 sont africains.

Performance en Afrique : la vitalité du Maroc

L’Afrique du Sud reste la championne africaine de la logistique (34ème rang) et publie désormais annuellement un rapport détaillé de sa chaîne logistique à la manière des Etats-Unis. L’Algérie, qui occupe la 96ème place se trouve en tête des pays subsahariens. Le Maroc, qui était passé du 113ème rang en 2007 au 50ème en 2012 n’a pas pu apparaitre dans le classement en 2014, faute de données disponibles. Toutefois, l’ouverture et le développement du Port de Tanger-Med, connecté à plus de 120 ports dans 50 pays au monde, se poursuit et améliore considérablement les performances du pays qui fait pleinement jouer sa proximité avec l’Europe. Le Burkina Faso, le Kenya et le Rwanda enregistrent en deux ans la plus forte progression du continent. Des résultats qui selon Jean-François Arvis, spécialiste des transports et fondateur de l’IPL s’expliquent par « les gros efforts réalisés par ces pays à faible revenu pour améliorer leurs infrastructures et réformer leurs services douaniers » (source Agence Ecofin, 27 mars 2014). La Chine n’est pas étrangère à ces nouvelles entrées dans le classement.
Au Kenya par exemple, une grande entreprise nationale chinoise construit actuellement une ligne de chemin de fer reliant le port de Mombasa à l’état frontalier de l’Ouganda, suite à la signature d’un accord en août 2013.

La percée nigériane

Au bas du classement, le Soudan, Djibouti, l’Érythrée, le Congo, la RD Congo et la Somalie sont des pays  dont les performances logistiques, comme l’explique Jean-François Arvis « ont été perturbées par des conflits ». Reste que le développement de ces infrastructures est « notamment porté par la croissance de la distribution et des biens de consommation, de l’agriculture, des ressources naturelles et de l’industrie », comme le précise une autre étude (2013) de PwC.
Laquelle ajoute : « Bien conscients que ces atouts seront indispensables pour garantir le bon fonctionnement du commerce intérieur et extérieur, les états planifient des plans d’actions ambitieux. L’Algérie a ainsi déployé, entre 2010 et 2014, un plan d’investissement dédié qui s’élève à 286 milliards de dollars. » Parmi les pays les plus attractifs pour les acteurs du Transport et de la Logistique, l’étude de PwC retient notamment « le Nigéria, pays qui connaît un accroissement des échanges commerciaux avec l’Afrique du Sud et la Chine, une forte émergence des classes moyennes dans les communautés urbaines et par conséquent une hausse notable de la demande de biens d’importation ».

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