L’AUTOMOBILE « MADE IN AFRICA »

Pour assurer le développement soutenu des pays africains, la CNUCED et l’ONUDI plaident pour la mise en place de politiques industrielles volontaristes, notamment dans le secteur automobile. La plupart des grands constructeurs mondiaux – à l’exception de l’Afrique du Sud – considéraient jusqu’alors le continent comme une zone de commercialisation attirante mais pas comme une terre de production. Or, depuis quelques années la donne change. Les investissements des marques automobiles étrangères s’intensifient dans le Sud tandis que le Nord du continent et plus récemment l’Ouest représentent de nouvelles terres de conquête. Selon Wolfgang Fengler, économiste de la Banque Mondiale, qui s’exprimait dans les colonnes de The Economist en février 2014 « l’Afrique est maintenant en bonne position pour s’industrialiser. ».

Le Sud et le Nord, principaux pôles de production

En 2013, l’Afrique enregistrait d’ailleurs la plus forte progression mondiale en matière de production automobile : + 7%, avec plus de 410 000 véhicules légers labellisés « made in Africa ». L’Afrique du Sud, le Maroc et l’Égypte – autant de destinations labellisées « African business » – qui combinent un environnement fiscal favorable à l’export, un tissu industriel et logistique suffisant et un marché national dynamique représentent l’essentiel des investissements étrangers.

L’Afrique du Sud reste de loin le premier producteur du continent africain, héritage d’une industrialisation débutée sous l’apartheid. Le secteur représente 6% de son PIB et  12% de ses exportations. Le pays accueille aujourd’hui six constructeurs (BMW, Volkswagen, Nissan, Toyota, General Motors et Ford) qui exportent dans près de 150 pays, notamment aux Etats-Unis, dans l’Union européenne et dans le reste de l’Afrique. L’Afrique du Sud vise l’objectif de 1,2 millions de véhicules produits par an d’ici 2020, 60% de la production étant destinée à l’étranger.

PSA et Renault misent sur la croissance de « l’African business »


INDUSTRIE ET AUTOMOBILE EN AFRIQUE

Mais les lignes pourraient bouger au profit du Maroc, notamment avec l’installation de l’immense site de Renault de Tanger en 2012 qui a produit 180 000 véhicules en 2014.
« D’un coût de 650 millions d’euros, le site marocain devrait produire 400 000 véhicules par an à partir de 2015 et constitue le premier exemple d’usine intégrale au nord du Sahara, assurant de l’emboutissage des pièces de carrosserie jusqu’au montage des équipements intérieurs », précisait en mars 2013 l’Usine Nouvelle. La marque au losange – deuxième producteur du « continent Noir » – vient par ailleurs d’inaugurer sa première usine en Algérie près d’Oran. Pour l’heure, les volumes restent faibles avec 25000 Renault Symbol prévues par an.

Détenant 10 % des ventes sur le marché maghrébin, PSA projetait également l’an dernier, selon le quotidien Le Parisien, de s’implanter à Tanger. Un projet pour l’heure à l’arrêt ; le groupe de Sochaux préférant s’appuyer sur ses usines espagnole et turque pour répondre aux demandes du Maghreb et de l’Europe.
Par ailleurs, l’allemand Volkswagen chercherait à installer une usine dans le nord marocain pour produire des véhicules destinés exclusivement au marché local.

Enfin, le Nigéria, première économie d’Afrique par son PIB, a réussi, grâce à des mesures fiscales incitatives à attirer le japonais Nissan qui a ouvert en 2014 un site d’assemblage de 4X4 et pick-up à Lagos de 45000 véhicules par an. Plusieurs autres projets d’usines automobiles seraient actuellement à l’étude dans le pays, mais il s’agirait principalement de sites d’assemblages.

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