ECONOMIE : L’AFRIQUE FUTUR « HUB » DU COMMERCE MONDIAL ?

D’abord un constat : l’Afrique, malgré son poids démographique important, reste à la traine sur le grand échiquier du commerce international. En effet, malgré une légère augmentation des exportations africaines durant la décennie 1990 – 2000, passant, relève le site d’informations économiques Afrique Expansion, de 126 milliards de dollars à 159 milliards de dollars, la part de l’Afrique dans le commerce mondial a chuté de 2,9 % à 2 % avant de remonter à 2,3 % entre 2000 et 2006. « Ce qui représente tout de même une part très insignifiante dans la balance commerciale mondiale, d’autant plus que les progrès observés sont essentiellement dûs à l’explosion des prix du pétrole et des produits non manufacturés ». En cause (notamment) : le rôle limité que joue le secteur privé dans les initiatives et les efforts d’intégration régionale qui a contribué aux mauvais résultats commerciaux du continent. « Bien qu’il incombe aux pouvoirs publics de conclure des accords commerciaux, c’est le secteur privé qui comprend le mieux les contraintes auxquelles les entreprises font face et qui est le plus en mesure de tirer parti des possibilités offertes par les initiatives commerciales régionales », précise ainsi un récent rapport de la CNUCED (1).
Et d’estimer que les pays de la zone doivent placer « l’esprit d’entreprise au cœur de leur action politique afin de dynamiser les échanges intrarégionaux ». Pour l’agence onusienne, « le commerce intra-africain est porteur d’une croissance et d’un développement soutenus en Afrique mais, pour en optimiser les gains, il faut insérer le dynamisme du secteur privé et adopter une approche de l’intégration qui soit axée sur le développement ».

Economie en Afrique : le rééquilibrage avec la France

Et la France dans tout ça ? Depuis une quinzaine d’années, un certain rééquilibrage s’installe au sein des relations économiques entre Paris et bon nombre de ses partenaires sur le continent africain. « Les rapports économiques entre la France et l’Afrique passent d’abord par l’Aide publique au développement (APD) qui désigne les apports publics de ressources fournis aux pays les moins avancés pour favoriser leur développement économique et l’amélioration des conditions de vie », notait en 2012 Léopold Nséké dans les colonnes du même Afrique Expansion. « Principale bénéficiaire de ce volet qui joue un rôle majeur dans cette coopération, l’Afrique a reçu 54% de l’aide bilatérale en 2010, soit 3,2 milliards d’euros (contre 2,9 milliards en 2009). L’Afrique subsaharienne bénéficie de 45% de l’opération, soit 2,6 milliards d’euros ».

Economie en Afrique : la manne (annoncée) du e-commerce

Nouvel or du commerce africain (virtuel celui-ci) : le commerce en ligne ! « Les start-up de la vente en ligne entendent bien dépasser les leaders de la distribution en Afrique », résume ainsi Jeune Afrique. Et d’annoncer récemment l’implantation du leader français du commerce en ligne Cdiscount (propriété du groupe Casino) en Côte d’Ivoire. Une chose est sûre : le secteur du e-commerce – très faible aujourd’hui – va exploser en Afrique. Il représente à peine plus de 2 % des ventes en ligne mondiales, selon eMarketer – cité par Jeune Afrique. « Même en Tunisie, où le taux de pénétration de l’internet est pourtant élevé, une quarantaine de millions de dollars (environ 30 millions d’euros) seulement ont été dépensés en ligne en 2012 ». Miser sur la Toile… Le pari gagnant pour l’économie en Afrique.

(1) Le développement économique en Afrique. Commerce Intra-Africain : libérer le dynamisme intra-africain, CNUCED – 2013

Les articles concernant ce secteur :

Voir tous les articles