ALIMENTATION ET RESTAURATION : LA GRANDE MUTATION

Assistera-t-on bientôt à une conquête de l’Afrique par McDonald ? La question, posée récemment par l’agence EcoFin, fait débat. « Le site internet Bloomberg annonce que le géant de la restauration rapide, McDonald, entend accorder une attention particulière au marché africain dans sa stratégie de croissance. «Nous sommes à la recherche d’ opportunités que l’Afrique peut procurer», a déclaré Donald Thompson, directeur général de la société qui ne cache pas que, si la marque à l’arche dorée louche sur beaucoup de pays en général, le Nigéria est cependant celui qui retient immédiatement son attention ».

McDo et Burger King en terres africaines

Il faut dire qu’avec une population d’environ 170 millions d’habitants et une croissance moyenne qui se situe proche de 8% depuis 1999, le pays a pour lui plusieurs atouts. D’autant plus qu’en quinze ans, le revenu annuel par habitant est passé de 310 dollars à 1725 dollars d’après les statistiques du FMI. « Déjà présent en Egypte, à Maurice, au Maroc et en Afrique du Sud, McDonald veut donc miser son expansion sur les pays en développement. Une stratégie que compte aussi adopter son rival Burger King qui, après l’ouverture de son premier restaurant en Afrique du Sud l’année dernière, entend partir à la conquête de l’Afrique australe en se positionnant au Botswana, au Mozambique, en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe. » Et d’insister : il faut noter que cet intérêt des géants de la restauration rapide intervient dans un contexte où l’économie de l’Afrique subsaharienne enregistrera une croissance de 6,1% cette année alors que la croissance mondiale, elle, sera de 3,7% d’après le FMI.

Opportunités : l’Afrique au fourneau

A l’opposé de cette stratégie « fast-food », quid de la restauration française en Afrique ? Miser sur l’Afrique, est-ce la nouvelle option gagnante pour la gastronomie tricolore ? Déjà, à Marrakech, à Abidjan ou à Dakar l’offre française est pléthorique. Et les opportunités de développement nombreuses, à la condition de cibler le bon marché. En Afrique – comme dans d’autres zones émergentes du globe – il faut de fait être rapide et avoir toujours une longueur d’avance sur la valeur ajoutée des produits et des marchandises proposées. L’on voit également surgir sur la scène internationale des chefs africains qui imposent leur cuisine dans des grands établissements. A l’instar du chef Hadi, de son vrai nom El Hadi El Bouchaibi, qui vit aujourd’hui entre Londres et le Maroc. « De Kuala Lumpur en Malaisie, où il est partenaire dans un magnifique restaurant à Londres où il réside et travaille, en passant par les pays arabes, les Amériques… Chef Hadi a toujours le même souci : « comment décliner les plats marocains du couscous au tajine en passant par d’autres grands classiques pour conquérir le monde de la cuisine internationale », relevait fin 2014 le site spécialisé Aujourd’hui le Maroc. Mais les mentalités pour sublimer cette cuisine africaine doivent changer, selon Loic Dablé, chef africain invité en 2013 à l’African Business Club. Il y confiait : « En Afrique, nous disposons d’un patrimoine incroyable d’épices, de légumineuses qui ne sont pas mis en valeur. J’aimerais qu’au même titre que la gastronomie française, la gastronomie africaine soit reconnue par l’Unesco. Quand on n’aura plus honte de notre gastronomie qui est un véritable patrimoine, on pourra la valoriser. Mais il y a un gros travail pour changer la mentalité des Africains et en particulier des directeurs d’hôtels et de restaurateurs ».

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