Retourner en Côte d’Ivoire : secteur de la santé

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Le docteur VEHI Jean Baptiste Innocent a souhaité retourner en Côte d’Ivoire. Il nous livre les facteurs clés de succès d’une implantation réussie en Afrique. Après avoir investi et  avoir lancé sa première pharmacie, cet entrepreneur Africain ne souhaite pas s’en arrêter là. Ce dernier nous offre son expérience !!

– Bonjour Monsieur, quel cursus avez vous suivi?
– Apres mon diplôme d’état de docteur en pharmacie à l’université  d’Abidjan, j ‘ai obtenu un master en cosmétologie industrielle à l’IPIL Lyon; j’ai acquis une expertise et des compétences indispensables à notre métier qui évolue sans cesse. Je suis allé en Europe dans le but de pouvoir acquérir le maximum de compétences, avant de m’implanter à Abidjan.

– Quels sont les motifs qui vous ont poussé à investir en Afrique et surtout à retourner en Côte d’ivoire?
– Plusieurs raisons m’ont poussé à revenir aux sources.
 Tout d’abord j’ai éprouvé le sentiment d’être redevable envers mon pays d’origine qui m’a tant apporté et qui a financé mon éducation ainsi que ma formation : retourner en Côte d’Ivoire est donc normal pour moi.
De plus j’ai l’humble volonté de pouvoir faire bouger les choses; j’ai le sentiment d’être plus utile sur mon continent d’origine en utilisant l’expertise acquise à l’étranger.
– D’un point de vue financier, l’Afrique demeure l’un des seuls continents dont de nombreux pays présentent des taux de croissance en nette augmentation.

– Dans quelle ville êtes vous implanté?

  – Je suis implanté, au cœur d’Abidjan (Côte d’Ivoire);  Abidjan est une ville qui regorge de personnes. En effet avec près de 26 millions de personnes, Abidjan s’impose aujourd’hui comme un mégalopole et comme une ville incontournable du paysage africain.

– Est-il compliqué de trouver un financement?
– C’est un vrai parcours du combattant .Les banques locales n’encouragent pas vraiment l’entreprenariat car les octrois de crédit sont très compliqués; les taux sont extrêmement élevés et sans un réel apport, aucun projet ne peut aboutir. Avec persévérance et beaucoup d’envie nous réussissons quand même à trouver des moyens et des modes de financements. Pour retourner en Côte d’Ivoire la finance est globalement un obstacle.

– Quelles ont été pour vous les difficultés à l’implantation de votre société?
– Aujourd’hui, une société se crée très facilement en Côte d’Ivoire; en moins d’une semaine nous obtenons le dépôt des statuts et la mise en activité d’une entreprise est régie sur le même modèle que les créations aux Etats unis. Le travail à distance reste néanmoins compliqué sans une personne de confiance sur place ou sans réaliser des allers- retours incessants; pour le temps de l’implantation, il est très compliqué de faire avancer les choses au grès de nos envies. Il faut donc afficher une détermination sans faille et une envie décuplée.

– Quels sont vos perspectives de développement ?

– Dans l’immédiat, il s’agit de renforcer mon entreprise puis à moyen terme je souhaite développer des activités (transformation locale, négoce) en rapport avec mon domaine d’activité. Je souhaite devenir sur le long terme, une véritable plaque tournante, dans le marché pharmaceutique ivoirien.

– Que diriez-vous à une personne souhaitant retourner en Côte d’Ivoire?
– Tous mes encouragements, c’est une belle aventure ! Néanmoins soyez vigilants, sur tous les points; l’Afrique est un continent qui a ses codes et ses valeurs. Les facteurs clés de succès d’un retour réussi résident dans le fait de prendre en considération son environnement et de s’adapter au rythme de ce dernier. Il ne faut pas se précipiter et il faut suivre sa ligne de conduite au grès des obstacles. Néanmoins le marché et le développement du pays est exceptionnel, donc les chances de réussite, en tant que précurseur, sont plus grandes.
– Quels sont vos motifs de satisfactions à l’heure actuelle?

–  Un sentiment d’être vraiment utile et de servir la cause nationale, au bout de 6 mois d’activité.
– Quels sont les plus grandes difficultés que vous avez rencontrées?

–  L’environnement bancaire peu favorable, le manque de structures et de soutien, l’instabilité du pays et de la parole des personnes. Les négociations sont longues et interminables; il faut vraiment se battre pour obtenir ce que l’on souhaite
– Si c’était à refaire, le referiez vous? Je serais court et concis. OUI !!!!!!!!!