TUNISIE, LE RÉVEIL DU PAYS AU JASMIN

La Banque Mondiale crédite la Tunisie d’un taux de croissance à la hausse de 2,7% pour 2014. Cette progression devrait se poursuivre et atteindre 4 % en 2016. Plombé par la croissance quasi-nulle de l’Europe – son principal partenaire commercial – le pays, situé au carrefour de l’Afrique et du Vieux continent, cherche à tirer profit de sa position géographique stratégique et des liens privilégiés avec le Vieux Continent pour attirer les investisseurs étrangers.
Ouverte sur un marché régional qui représente un potentiel de plus 1,5 milliards de consommateurs (entre le sud de la méditerranée et l’Afrique et plus loin les BRICS), la Tunisie fait aujourd’hui les yeux doux à l’Allemagne, à la Chine et aux économies émergentes. Mais le chemin est  encore long  Une étude récente du Financial Times intitulée « African countries of the future 2013/2014 » qui établit le classement des Etats les plus attractifs du continent africain en matière d’investissement place la Tunisie seulement en 9ème position, derrière le Nigéria et le Botswana…

Reconquête des investisseurs étrangers

Secouée par la révolution de 2011, la Tunisie doit progressivement reconquérir la confiance des investisseurs étrangers. Selon les données publiées par l’Agence nationale de promotion de l’investissement extérieur (FIPA), les investissements étrangers, qui ont atteint 1,64 milliard de dinars (1 dinar tunisien = 0,53 dollar) durant les onze premiers mois de 2014, enregistrent une baisse de 8,6% en glissement annuel. Dans un communiqué, la FIPA précise notamment que les investissements dans l’énergie ont sensiblement diminué par rapport à 2013, à raison de 13,7% et de 29,4% par rapport à 2010 . Le secteur industriel a quant à lui connu l’année passée le taux d’investissement le plus bas des quatre dernières années accusant des baisses de 36% et de 43,3% par rapport à 2013 et à 2010. L’agriculture , secteur le moins attractif avec des investissements de moins de 8 millions de dinars en 2014, enregistre également une baisse de plus de 30% selon les données publiées par la FIPA.
Pour se repositionner dans l’échiquier international et favoriser la relance de son économie, la Tunisie multiplie depuis 2014 les événements d’envergure internationale destinés à promouvoir son attractivité. A Tunis les 12 et 13 Juin 2014, s’est ainsi tenu le Tunisia Investment Forum, « un congrès pour inciter l’investissement étranger et non un congrès pour les pays donateurs », avait indiqué le Premier ministre de l’époque, Mehdi Jomaa, affichant clairement les ambitions du pays.

Partenariat français pour investissements internationaux en Afrique

En septembre dernier, la Tunisie a réuni une trentaine de pays et quelques institutions internationales autour du thème « Investir en Tunisie : start-up démocratie », un événement d’envergure économique régionale et mondiale co-organisé avec la France et présidé par les Premiers ministres tunisien et français Mehdi Jomaa et Manuel Valls. 22 projets ont été présentés aux investisseurs étrangers lors de cette conférence. D’une valeur globale estimée à 7 milliards de dinars, ils couvrent différents secteurs : l’eau potable, la santé, les routes, le transport, l’énergie, les mines, les TIC et le développement durable    « La Tunisie œuvre à regagner la confiance des investisseurs étrangers et à garantir des climats politique, sécuritaire, logistique et administratif propices à l’investissement », avait confié à la presse – notamment à la Revue Afrique Expansion -, Nidhal Ouerfelli, alors ministre chargé de la Coordination et des Affaires économiques au sein du gouvernement tunisien. Quelques mois avant les élections présidentielles en Tunisie, il s’agissait d’annoncer la nouvelle stratégie économique du pays et une série de réformes structurelles.

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