Cameroun, l’option (africaine) gagnante

Coup de frein au Cameroun

Un coup de frein. L’économie camerounaise – pourtant locomotive de la région, avec le Tchad, la Centrafique et le Nord-Congo – peine. C’est un fait. « La faute à la mauvaise gestion économique, la corruption et la surévaluation de la devise », notent les experts du Moci. Mais également aux soubresauts de la crise financière de 2008-2009 qui a freiné les investissements et financements extérieurs du pays. Conséquence : le solde du compte courant s’est dégradé, les déficits fiscaux se sont accrus et la dette extérieure a augmenté. « Le pays, qui reste en bas du classement de la Banque Mondiale sur l’environnement des affaires (168e sur 189), connaît un taux de chômage de près de 75% chez les jeunes diplômés ». Le mal est globalement africain et n’est donc pas un cas isolé. Mais le gouvernement du président Paul Biya (au pouvoir depuis 1982) s’est néanmoins « engagé dans une série de réformes économiques soutenues par la Banque Mondiale et le FMI ». Et nombre d’investisseurs étrangers  cherchent à réussir en Afrique.

Importantes ressources minières

Ce pays, ouvert sur le Golfe de Guinée, offre, il est vrai, l’une des économies les plus diversifiées de la région. En plus des activités agricoles (cacao, café, etc.) et vivrières (maïs, manioc), « les hydrocarbures sont ainsi un élément important de l’économie (8,8% du PIB pour l’extraction) », précisent les services économiques français sur place et la production pétrolière, après plusieurs années de déclin, est repartie à la hausse en 2012, de 21,6 millions de barils en 2011 à 22,4 millions en 2012. Autant de signes positifs pour ceux qui veulent investir en Afrique. « Les espoirs reposent en bonne partie sur l’exploitation du gaz à moyen terme (projet de liquéfaction de gaz de GDF-Suez d’une valeur totale de l’ordre de 6 milliards de dollars). Les ressources minières diversifiées (cobalt, bauxite, fer,…) mais non exploitées, font l’objet de projets  dont le principal – le gisement de fer de Mbalam à la frontière congolaise – a été sérieusement freiné par le retrait de la société chinoise Hanlong Mining qui devait y investir 9 milliards de dollars (infrastructures de transport et d’acheminement comprises). »

Premier partenaire de la France en Afrique Centrale

Résultat : « le Cameroun a fait de grands progrès », comme l’a rappelé fin 2014 la représentante locale du Fonds monétaire international (FMI). C’est le pays pour réussir en Afrique. Et de préciser : « Le pays a augmenté sa stabilité macro-économique; la croissance y est beaucoup plus forte; il y a une stabilité des finances publiques et un accès à des financements. Il y a dix ans, on était loin de cette situation ». Ce pays, indique un dernier rapport du FMI , a pu mettre en place « des systèmes politiques davantage au service de l’intérêt général, renforcer leurs institutions et favoriser l’investissement ». Le tout au profit, notamment, des échanges France-Cameroun. Les exportations vers la France ont ainsi progressé (+ 5,02 %) pour s’établir à plus de 700 millions d’euros par an et sont constituées, détaille le Trésor Public, en premier lieu de produits pharmaceutiques (129,4 millions d’euros), de produits des industries alimentaires (101,6 millions d’euros), de machines industrielles et agricoles (97,3 millions d’euros) et de produits agricoles (76,9 millions d’euros). Le Cameroun, premier partenaire commercial de la France en Afrique Centrale hors pétrole, a rapporté à Paris un excédent bilatéral 2012 de 455 millions d’euros, « du fait de la baisse des importations françaises et d’une hausse simultanée de nos ventes. Cette progression se réalise néanmoins dans un contexte de contraction de nos échanges bilatéraux (-4,1 %) ». « The place to be » pour réussir en Afrique…

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