Algérie, l’Eldorado d’Afrique du nord

Algérie, « the place to be » – l’endroit où investir et démarrer en Afrique… Oubliée l’Algérie maudite des années 90, plombée par un terrorisme meurtrier et fanatique. Le pays est désormais convoité pour la richesse de son sous-sol (pétrole et surtout gaz : 4e exportateur mondial), la qualité de sa main d’œuvre et de plus en plus pour la qualité de ses infrastructures. Les grands groupes chinois y ont ainsi installé leurs filiales régionales tandis que les pétrodollars coulent à flot. Résultat : les indicateurs économiques sont tous à la hausse. Les réserves de change avoisinaient ainsi les 200 milliards de dollars à fin décembre 2013 (couvrant 3 ans d’importations) et le taux de chômage en réduction (9,3%), « même si le chômage des jeunes, plus élevé, reste une préoccupation des autorités », relève les services économiques français sur place. « Les tensions inflationnistes observées en 2012 (8,9% d’inflation contre 4% en 2011 et 2010) se sont résorbées en 2013 avec un taux estimé à 3,3% sur l’année en moyenne annuelle et une projection à 4% en 2014 ». Enfin, la diversification de l’économie, la modernisation et le développement des infrastructures, l’investissement et la création d’emplois sont les grands axes de la politique de développement du pays. « Un vaste plan d’investissements sur la période 2009-2014 de 286 milliards de dollars est en voie d’achèvement tandis qu’un nouveau plan quinquennal portant sur la période 2015-2019 est en cours de finalisation. Le savoir-faire des investisseurs étrangers est apprécié mais ne peut se mettre en place dans l’industrie et les services que sous forme de partenariat minoritaire depuis 2009 (règle des 51%/49%) ».

Eloges du FMI…

vue d'Alger pour s'implanter en AlgérieRésultat : la première économie du Maghreb – qui a reçu de Christine Lagarde, présidente du FMI, un satisfecit pour ses réformes en 2013 – s’est peu à peu imposée comme le hub obligé pour démarrer en Afrique du nord. « Etre implanté ici permet souvent de créer des courants d’affaires dans la région », confirme un entrepreneur sur place. Reste que la France a perdu sa place de premier fournisseur de l’Algérie au profit de la Chine en 2013 (11,4 % de parts de marché pour Paris contre 12,4% pour Pékin). « L’Algérie est le 11e client de la France, son premier client dans le monde arabe et son troisième client hors OCDE après la Chine et la Russie », précisent les mêmes services économiques.

Mais dernier du monde arabe sur les libertés économiques

La principale faille du système algérien ? Il offre un environnement d’affaires mal optimisé; est-ce un  problème pour s’y implanter dans la durée pour démarrer en Afrique ? « Comparées au reste du monde, nos entreprises ne sont pas compétitives, regrettait récemment dans les colonnes du Figaro, Abdelhak Lamiri, président de l’Institut international de management à Alger. Nous n’avons ni la quantité ni la qualité des entrepreneurs qu’il faut pour nous développer.» Et le quotidien français de préciser : « Il faut dire que l’État {algérien}, qui se méfie du privé, ne fait rien pour aider l’entreprise dont il a asservi la croissance à l’administration centrale et à la commande publique ». Pis, le pays est arrivé à nouveau en queue du dernier classement sur la liberté économique dans le monde arabe (derrière l’Irak et la Syrie !) – classement effectué par le think tank canadien Fraser Institute, qui évalue aussi bien le poids de l’Etat dans l’économie du pays, que « les libertés civiques et politiques, en passant par le revenu par habitant ». Un pays donc où tout reste à faire au niveau entrepreneurial mais d’ores et déjà, une vraie terre de business ! L’Eldorado pour démarrer en Afrique…

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