Porteurs de projets : DIASPORA et ENTREPRENEURSHIP

Tandis que l’Europe affiche un taux de croissance atone, le continent Noir offre depuis quelques années de nouvelles opportunités à la diaspora africaine qui prend le chemin du retour pour développer des projets entrepreneuriaux notamment dans le secteur du numérique, très porteur.

L’Afrique a vu son économie croître de 5% en moyenne au cours des 10 dernières années, une performance supérieure à celle de l’économie mondiale.
Bien que fragilisé par les conflits, la corruption et les inégalités sociales, le continent au milliard d’habitants représente un marché gigantesque boosté par le développement rapide des infrastructures ainsi que l’augmentation et la diversification de la demande intérieure en bien manufacturés et en services. Dans ce contexte plus propice à l’entrepreneuriat, certains pays comme le Burundi, la Côte d’Ivoire et le Rwanda engagent de véritables réformes de leur cadre juridique, administratif et fiscal pour faciliter la création d’entreprises et améliorer la réglementation des affaires (source : rapport de la Banque mondiale, en 2014). Des initiatives se multiplient également pour inciter de jeunes porteurs de projets et investisseurs africains dispersés un peu partout à travers le monde, à investir dans leur pays d’origine et renforcer les relations économiques Nord Sud.

Patronage français

La France, principal pays d’accueil de la diaspora africaine en Europe a mis en place une série de mesures destinées à soutenir les porteurs de projets en Afrique. Objectif : dynamiser les relations économiques avec leur pays d’origine. Parmi ces dispositifs, le programme « Entrepreneurs en Afrique », lancé en 2009 par CampusFrance, l’opérateur de promotion de l’enseignement supérieur français. Il vise à favoriser l’émergence des PME/PMI à forte valeur ajoutée en Afrique en accompagnant des diplômés et cadres africains en France et en Afrique, porteurs de projet de création ou de développement d’entreprises. Plus récemment, en 2013, le ministère des Affaires étrangères français a organisé en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD), le « Forum 100 innovations pour un développement durable ». Une centaine de porteurs de projets africains triés sur le volet – dont une partie conçus par des jeunes africains de France – ont été invités à Paris pour présenter des initiatives innovantes destinées à améliorer la vie quotidienne dans leur pays d’origine. A la clé : une visibilité accrue et une aide à la recherche de financements publics ou privés.
Parmi ces projets, on retrouve ceux portés par les talents « tech » de la diaspora : des développeurs, codeurs ou designers formés dans les nouvelles écoles françaises du Web.

African-French Tech

Avec ses 500 millions de personnes connectées à un terminal mobile, le continent africain offre par ailleurs de nombreuses opportunités pour l’entrepreneuriat numérique.
Les fonds d’investissement français et des business angels intéressés par le potentiel économique africain s’invitent aux petits et grands rendez-vous de l’African-French Tech pour dénicher les porteurs de projets africains à fort potentiel.
On les retrouve notamment aux « Startup Africa Paris – Chop My Money », des rencontres annuelles organisées par un collectif de jeunes entrepreneurs, où sont exclusivement présentés des projets de startups tournées vers le continent africain et portés souvent par des membres de diaspora.
Parmi les sucess stories franco-africaines, citons AfriMarket, le leader du « Cash to Goods » qui a levé en 2014, 2,5 millions d’euros, dont 1 million apporté par l’opérateur français Orange. La technologie « Cash to Goods » développée par la startup permet aux Africains de la diaspora d’aider à distance leur famille en réglant leurs dépenses de la vie courante (alimentation, achat de médicaments, matériaux de construction, etc.), via un réseau de boutiques partenaires réparties dans toute l’Afrique de l’Ouest.
Les porteurs africains de projets numériques issus de la diaspora ont même depuis peu leur service dédié de sourcing et d’incubation virtuelle… Baobab Entrepreneurship, une jeune startup qui, en moins d’un an, a déjà accompagné 15 initiatives digitales innovantes.