Investisseurs en Afrique

QUELS PAYS MISENT SUR L’AFRIQUE ?

Les investissements étrangers en Afrique sont aujourd’hui pléthore. La Chine mais aussi d’autres émergents dont un certains pays africains misent sur la croissance soutenue du Continent noir.

Selon la troisième étude « Africa Attractiveness Survey » du cabinet d’audit d’Ernst & Young  publiée en 2014, la part africaine des investissements directs à l’étranger (IDE) est passée de 3,2 % en 2007 à 5,6 % en 2012.
Si l’investissement des pays développés dans des projets d’IDE a chuté de 20 % en moyenne comme c’est le cas pour les États-Unis et la France (à exception de la Grande Bretagne), celui des marchés émergents en Afrique augmente considérablement depuis 2007. Il atteint en 2014 un taux cumulé de plus de 21 % contre 8 % pour les marchés développés. L’Inde, l’Afrique du Sud, les EAU, la Chine, le Kenya, le Nigeria, l’Arabie Saoudite et la Corée du Sud…sont  tous classés  dans le Top 20 des plus grands investisseurs en Afrique sur cette période.

La Chinafrique

Depuis 10 ans, les relations commerciales entre l’Afrique et la Chine ne cessent de se développer. Entre 750 000 et 1 million de Chinois seraient ainsi établis en Afrique, principalement dans les pays pétroliers (Algérie, Angola, Soudan, Nigeria). Selon un rapport du groupe de réflexion « Center for Global Development »  publié en 2013, la Chine représente un cinquième du total des investissements sur le sol africain. Entre 2005 et 2011, elle aurait ainsi réservé 15 % de ses investissements directs au continent africain (source rapport Védrine 2012). Le Ghana a été le principal bénéficiaire des investissements chinois. Pékin investit dans les infrastructures (aéroports, ports, voies ferrées, écoles et hôpitaux) dont l’Afrique manque cruellement. Viennent ensuite des dépenses pour le stockage de denrées et pour le secteur agricole. En Afrique, la Chine importe hydrocarbures et minerais et exporte en majorité des produits manufacturés et du textile. « Elle combine les flux financiers et humains avec une politique de change agressive pour favoriser ses entreprises et ses produits », constate le même rapport Védrine.

Investissements des émergents

Les investissements colossaux de la Chine en Afrique ont été suivis par les autres puissances du Sud. Selon l’Institut Montaigne, l’ensemble des pays émergents détenaient 14 % des stocks d’investissements en Afrique en 2013 et représentaient déjà un quart des flux d’investissements rentrants. Dans un article de décembre 2013, le site Les Echos.fr détaille les montants des investisseurs émergents en Afrique :    « Les échanges avec l’Inde ont quintuplé entre 2004 et 2010 pour atteindre 130 milliards de dollars : elle est le deuxième fournisseur du continent avec 6 % de parts de marché. Son opérateur de télécoms Bharti Airtel a racheté le groupe Zain, implanté dans 17 pays africains, pour près de 10 milliards d’euros. Le Brésil, très présent en Afrique du Sud et en Angola, diversifie de plus en plus ses activités (agroalimentaire, pétrole, aéronautique, minerais). La Malaisie a aussi fait une percée remarquée en devenant le troisième investisseur en Afrique en 2011, derrière les Etats-Unis et la France. Le Vietnam et la Turquie ne sont pas en reste. » L’étude « Africa Attractiveness Survey » relève également un nouveau phénomène : la forte progression des investissements intra-africains. Ils sont passés de 8% en 2003 à 22,8% en 2013. L’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria (1ère puissance économique du continent) figurent parmi les plus grands investisseurs en Afrique sur cette période. L’Angola, avec un fonds souverain de 5 milliards de dollars, deviendra également un des plus gros investisseurs du continent au cours de la prochaine décennie.