Financement en Afrique :Melacrowd fait du participatif

Wedo : Bernard Caïne Faye, vous êtes coordinateur général de la jeune entreprise Melacrowd, parlez nous de cette entreprise.

Bernard Caïne Faye : Melacrowd est une plateforme de financement participatif à visée sociale. L’entreprise voit le jour en juin 2014 grâce à quatre associés spécialistes en différentes matières : le digital, la finance, le droit et l’informatique. Elle a pour but d’offrir une alternative financière à de nombreux porteurs de projets sénégalais qui ne peuvent souscrire à un prêt bancaire, faute de moyens. Nous oeuvrons via Internet et les réseaux sociaux pour récolter des fonds. Notre but est avant tout social : nous ne nous rémunérons que sur les projets qui arrivent à atteindre leur budget prévisionnel, grâce aux dons et/ou prêts des différents investisseurs.

Wedo : Cela semble être un projet ambitieux pour l’afrique. Depuis votre création, quels échos rencontrez- vous au sein de la population ?

Bernard Caïne Faye : Ambitieux oui, car Melacrowd est la première plateforme de crowdfunding – technique mettant en relation les porteurs de projets ayant besoin de financement et les investisseurs – en Afrique de l’Ouest. Nous nous sommes donnés un an pour faire un premier bilan et pour le moment les objectifs projets sont atteints, reste à faire décoller les financements. Les échos sont plutôt positifs mais ce n’est pas parce que les gens trouvent ça bien qu’ils viennent mettre de l’argent. Les donateurs sont pour le moment des occidentaux (Europe et Amérique du nord), dans la plupart des cas : le système de carte bleue et de paiement en ligne pose problème du fait de la faible couverture bancaire (environ 15% de la population au Sénégal). Ce qui réduit considérablement le champ de potentiels financeurs. C’est pour cette raison que nous travaillons sur un mode de paiement alternatif qui toucherait une plus grande partie de la population. Nous essayons de faire changer les habitudes et c’est le plus difficile ! Nous devons donc faire notre maximum en communication via le bouche à oreille et les réseaux sociaux. Nous prévoyons une bombe virale sur le net pour 2015.
Par ailleurs, nous envisageons de collaborer avec certains ministères locaux. Les discussions sont en cours mais rien n’est encore concrétisé.

Wedo : D’un point de vue plus personnel, il me semble que vous avez étudié en France.

Bernard Caïne Faye : Exact. J’ai étudié au Sénégal jusqu’à Bac + 2 à l’ETICCA puis j’ai fait des études en France. J’ai d’abord obtenu un Bachelor en Management, Développement et Communication à l’EICD 3A à Lyon. J’ai ensuite fait un Master 1 en alternance, puis une année de césure où je travaillais à l’IFOP (institut de sondage) pour financer une partie de mes études et de mes voyages. Je suis ensuite parti six mois à Toronto au Canada pour apprendre l’anglais. Je suis rentré en France par la suite afin de terminer ma formation en anglais au Wall Street Institute à Paris, puis à Lyon où j’ai fini mon cursus universitaire avec un Master 2 en Management socio-économique/Développement durable et Audit Social obtenu à l’IAE Lyon. J’y ai également entamé ma carrière professionnelle chez Gaïa 21 et au groupe Crédit Mutuel – CIC.

Wedo : Pourquoi alors avoir décidé de revenir au Pays ?

Idéalement, j’ai toujours souhaité un retour en Afrique : pour me rapprocher de ma famille, mais surtout pour apporter ma pierre à l’édifice. J’aime l’idée de partir chercher de la connaissance pour ensuite en faire profiter un pays, mon pays le Sénégal !